À peine le temps de prendre une grande inspiration que les stabilisateurs retournent la fusée « tête la première » vers la planète. Plein gaz, je vois défiler par les hublots montagnes de pierres, étendues de glaces, océans de sable et tempêtes titanesques. Mais pas le temps d’admirer le paysage, je serre les dents et encaisse l’augmentation explosive de la chaleur et de la gravité.
Rapidement tous les voyants passent au rouge, navette comme combinaison. Le robot de guidage hurle dans les hauts-parleurs « impact imminent » « impact imminent »… Mon système de survie intégré m’injecte de quoi survivre au douloureux impact qui se profile. Il n’est clairement pas dans les intentions de mes geôliers d’optimiser mes chances de survie.
Puis c’est le choc.
Black-out.
Je ne sais combien de temps je suis resté inconscient. Lorsque j’ouvre les yeux ma position ne fait aucun doute : je me suis écrasé sur une crête en bordure du cratère météoritique. Horizon bouché, pentes vertigineuses, brume opaque… probablement le pire endroit pour débuter une terraformation de ce monde. Mais je m’y attendais, et je m’y suis préparé.
Je laisse les semaines d’entraînement en simulateur prendre le contrôle de mon corps. D’abord, faire l’inventaire. Une graine de Lirma et quatre Rations spatiales ? Le temps presse donc, elles ne me feront pas longtemps. Objectif prioritaire ? Produire de quoi me sustenter. Objectif secondaire ? Récupérer les ressources abandonnées par mes prédécesseurs. J’entame mes tous premiers glanages.


Fer (x3), Cobalt (x2) et Magnésium (x1), Sac à dos et Réservoir d’oxygène T1. Silicium (x3) et Magnésium (x3), Micropuce de Construction et de Destruction. Silicium (x1) et Magnésium (x2), Micropuce – Torche, on ne sait jamais, qu’une exploration souterraine soit à entreprendre.
Puis Fer (x3), Titane (x2) et Silicium (x1), je construits mon premier Habitacle en bord de ravin, une Porte et je me place à l’abri de ma première tempête de sable. Durant ces premières collectes j’ai pu me hausser sur les falaises qui surplombent ma zone de crash : je suis pratiquement certains de m’être écrasé pile à l’opposé de la vallée qui s’épanche vers les plaines de Cascade.